De Pont-à-Mousson aux Bleues : le parcours de Charlotte Cuette

Il y a quelques semaines encore, elle était à Terville avec l’Équipe de France U20 pour le Wevza, dont elle est la capitaine. Aujourd’hui, Charlotte Cuette s’apprête à rejoindre les Bleues en pleine compétition à l’EuroVolley. Entre ces deux rendez-vous, une convocation en Équipe de France A obtenue plus tôt que prévu, et un parcours qui a commencé ici, dans le 54.

Un parcours qui commence à Pont-à-Mousson

Tout part d’une visite dans une école primaire. Deux coachs du club de Pont-à-Mousson étaient venus présenter le volley et recruter de jeunes licenciés. Charlotte, alors enfant, y fait ses premières passes et ses premières manchettes.

« J’ai beaucoup aimé faire des passes, donc je me voyais bien devenir passeuse. Aujourd’hui, quand je vois mon toucher de balle, je comprends pourquoi ça ne s’est pas fait ! », sourit-elle. À l’époque, pas de calcul de performance ni de projection sur le très haut niveau : « Je ne me posais pas toutes les questions que je peux avoir aujourd’hui sur le volley ou la performance. J’ai commencé à jouer surtout parce que j’aimais ça, parce que j’étais grande et parce que j’adorais être avec mes amies. »

De Pont-à-Mousson en M13 — une période marquée par le contexte sanitaire du Covid, qui l’a notamment privée des sélections départementales de sa génération — elle rejoint le Pôle Espoirs Féminin de Nancy dès la 4ème, où elle restera deux ans. Elle y vit les interpoles, les Volleyades, et fait ses débuts en Équipe de France Jeune sur de belles compétitions, avant de rejoindre le Pôle France de Toulouse (IFVB), où elle évolue de nouveau cette saison.

« C’est là que tout a commencé pour moi, donc ça restera un endroit important, confie Charlotte. J’y ai grandi, j’y ai découvert le volley et j’y ai vraiment pris goût. Je garde énormément de souvenirs de ces années, des entraînements, des matchs, mais surtout des personnes que j’ai rencontrées et qui m’ont accompagnée. Même si je suis partie depuis plusieurs années, je reste très attachée au 54 parce que c’est vraiment là que mon parcours a commencé. »

Capitaine de l’Équipe de France U20

Discrète et appliquée, Charlotte s’est longtemps illustrée en retrait des projecteurs avant de se voir confier le brassard de l’Équipe de France U20, dont elle est aujourd’hui capitaine.

« Être capitaine, c’est une vraie fierté, mais c’est aussi une responsabilité, explique-t-elle. Pour moi, ce n’est pas forcément être celle qui parle le plus ou qui donne des ordres, mais plutôt être là pour les autres, essayer de transmettre de l’énergie et de garder le groupe soudé, surtout dans les moments plus difficiles. » Un rôle qui l’a bousculée : « Je suis plutôt discrète et pas très confiante de base, donc c’est aussi un rôle qui m’a beaucoup fait sortir de ma zone de confort — c’était d’ailleurs l’objectif des coachs, pour m’aider à prendre plus de place dans le collectif. J’essaie de rester moi-même et de montrer l’exemple sur le terrain. »

Une première cape en Équipe de France A

Cette saison, Charlotte a connu sa première sélection en Équipe de France A. Un rêve de longue date, arrivé plus vite qu’elle ne l’imaginait.

« C’était assez particulier, parce que c’est quelque chose dont je rêvais depuis longtemps, mais que je n’imaginais pas forcément arriver aussi vite, raconte-t-elle. La première fois que j’ai porté le maillot A, j’ai forcément ressenti beaucoup de fierté. » Une immersion soudaine dans le très haut niveau : « Ça m’a permis de voir ce qu’était vraiment le très haut niveau, de côtoyer des joueuses dont j’entendais le nom dans les quiz de culture volley au Pôle quelques années auparavant, et même de croiser certaines de ces joueuses au self. Cette expérience m’a surtout donné encore plus envie de travailler pour atteindre leur niveau et, je l’espère, pouvoir revivre des moments comme celui-là. »

Direction l’EuroVolley

La convocation pour l’EuroVolley, Charlotte l’a apprise dans des circonstances particulières : le soir de la défaite des Bleues contre l’Espagne. « Sur le coup, j’ai eu un peu de mal à réaliser, surtout que j’étais un peu chamboulée avec le match qui venait de se terminer, mais j’étais évidemment très fière. C’est surtout après que je me suis rendu compte de ce que ça représentait. Participer à un EuroVolley avec l’Équipe de France A, c’est quelque chose que je n’aurais pas forcément imaginé il y a encore quelques années. »

À quelques jours de rejoindre le groupe en pleine compétition, l’excitation se mêle à une pointe d’appréhension. « Je rejoins un groupe qui est déjà en pleine compétition, confie-t-elle. Heureusement, je connais déjà un peu les filles puisque je me suis entraînée avec elles en juillet, lors du stage de préparation à Bordeaux, donc ça enlève forcément un peu de stress. Je vais surtout essayer d’être à l’écoute, de m’intégrer au mieux au groupe et de donner le maximum dès que j’en aurai l’occasion. C’est une opportunité énorme pour moi et j’ai vraiment hâte d’y être. »

Un message pour les jeunes du 54

Interrogée sur ce qu’elle dirait à un jeune licencié du département qui rêve un jour de porter le maillot bleu, Charlotte n’hésite pas : « Je lui dirais surtout de ne pas se mettre de limites. Quand j’ai commencé le volley à Pont-à-Mousson, je ne pensais évidemment pas qu’un jour je porterais le maillot de l’Équipe de France A. Il y aura forcément des moments difficiles, des périodes où on doute ou où on a l’impression de ne pas avancer, mais il faut continuer à travailler, garder le plaisir de jouer et garder en tête ses objectifs. »

Et ce n’est pas qu’une formule : dès qu’elle rentre en Lorraine, Charlotte reste disponible et passe régulièrement transmettre son expérience aux plus jeunes du département.

Le CD54 Volley suivra avec fierté le parcours de Charlotte à l’EuroVolley. Bonne chance aux Bleues !

Merci à @younono photographie – Bruno Bourlé pour l’accès à ses magnifiques photos faites lors du WEVZA. N’hésitez pas à aller visiter son site!